Une dernière traversée des Lofoten
Aujourd’hui, pas question de traîner au lit.
Nous devons remonter une bonne partie des Lofoten et rejoindre notre dernier hébergement, situé plus au nord et surtout beaucoup plus proche de l’aéroport.
Mais avant cela, nous avons prévu une dernière expérience à environ une heure quinze de notre logement.
Il est 8 heures lorsque nous prenons la route en direction de Stamsund.
Nous avons rendez-vous à 9 h 30 dans un centre consacré aux deux produits qui ont façonné une partie de l’économie et de l’identité des Lofoten :
le saumon et le stockfish.
La route commence sous un ciel encore chargé.
Mais ce matin, nous avons droit à un joli cadeau.
Un arc-en-ciel apparaît devant nous.
Il semble partir directement de la mer pour rejoindre la montagne qui domine un petit village.
Impossible de ne pas s’arrêter.
Quelques photos.
Puis quelques kilomètres.
Puis encore une nouvelle vue qui mérite un arrêt.
Nous arrivons finalement à Stamsund dans les temps.
Le saumon norvégien sous toutes ses écailles et le Stock Fish
Le Seafood Center que nous allons visiter est bien plus qu’une simple entreprise.
Le site associe une activité de production, un espace de découverte et un restaurant.
Nous commençons par une présentation de l’élevage du saumon.
Oreillette et traducteur en main, nous suivons attentivement les explications de notre guide, accompagnées de vidéos.
La Norvège est aujourd’hui l’un des principaux producteurs mondiaux de saumon d’élevage, avec une activité particulièrement importante le long de ses côtes.
Mais plutôt que de simplement nous expliquer le fonctionnement de l’élevage en théorie, nous allons rapidement aller voir les installations directement en mer.
À bord du speedboat
Après les explications, place à l’action.
Nous enfilons nos combinaisons, nos lunettes et notre équipement.
Puis direction le bateau.
Nous prenons place dans un speedboat et partons sur la mer.
Le paysage change rapidement.
Devant nous apparaissent les immenses cages circulaires qui abritent les saumons.
Nous apprenons que l’élevage fonctionne avec une très forte proportion d’eau : environ 97,5 % d’eau pour 2,5 % de poisson dans le volume occupé par les installations.
Et les poissons sont loin d’être amorphes.
À notre passage, certains saumons remontent à la surface et sautent hors de l’eau.
Nous découvrons plusieurs installations.
Une dizaine de cages réparties sur différents sites.
Et derrière chaque cage…
Des dizaines de milliers de poissons.
Sur les installations que nous observons, certaines peuvent contenir environ 50 000 saumons.
Cela permet de mieux comprendre l’ampleur de cette activité.
Le saumon représente une part considérable des exportations de produits de la mer norvégiens et constitue l’une des grandes industries du pays, derrière les hydrocarbures.
La visite nous permet surtout de découvrir toute la chaîne de production et les nombreuses règles qui encadrent cette activité.
Du saumon au stockfish
De retour à terre, nous retirons nos équipements avant de poursuivre la visite. Et nous changeons complètement de registre. Place maintenant au stockfish.
Le fameux poisson séché que nous avons déjà aperçu à plusieurs reprises depuis notre arrivée dans les Lofoten. Cette fois, nous allons découvrir comment il est produit. Et notre guide nous réserve une petite surprise. Nous avions remarqué que son anglais avait quelque chose de légèrement différent. Quelques questions plus tard, nous découvrons pourquoi.
Notre guide est…Français !
Il est arrivé ici depuis seulement trois mois pour un travail saisonnier. Et le hasard fait particulièrement bien les choses puisque près de 80 % du groupe est français. Autant dire que nos questions vont pouvoir être posées dans la langue de Molière !
Le stockfish, une tradition vieille de plusieurs siècles
Le stockfish est principalement fabriqué à partir de cabillaud, pêché dans les eaux riches en poissons qui entourent les Lofoten.
Mais contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit pas simplement de poisson salé.
Le principe traditionnel repose avant tout sur le séchage naturel à l’air libre.
Après avoir été pêché, le cabillaud est préparé puis suspendu sur les fameux grands séchoirs en bois que nous avons déjà croisés dans plusieurs villages.
Et c’est ici que la nature fait une grande partie du travail.
Le climat des Lofoten est particulièrement adapté :
- des températures fraîches ;
- de l’air marin ;
- du vent ;
- et suffisamment de temps pour permettre au poisson de perdre progressivement son eau.
Les poissons sont généralement suspendus entre février et mai, période où les conditions météorologiques sont particulièrement favorables.
Pendant plusieurs mois, ils vont ainsi sécher naturellement.
Le résultat est assez étonnant. Un poisson frais devient progressivement extrêmement dur.
Tellement dur qu’une fois complètement séché, il ressemble presque…à un morceau de bois.
Et c’est justement ce que nous allons découvrir dans la suite de la visite.
Au milieu des séchoirs
Nous sortons découvrir les grandes structures en bois.
Elles sont impressionnantes. Hautes. Longues.
Et encore plus impressionnantes lorsqu’on imagine des milliers de poissons suspendus les uns à côté des autres.
Nous comprenons également pourquoi les stockfish font partie intégrante du paysage des Lofoten.
Depuis notre arrivée, nous les avons vus suspendus dans presque tous les villages de pêcheurs.
Ils ne sont pas seulement décoratifs.
Ils représentent une activité historique essentielle pour l’archipel.
Après le séchage, les poissons sont triés, préparés puis conditionnés avant de partir vers différents marchés, notamment en Europe.
Dans l’entrepôt
Nous poursuivons jusqu’à l’entrepôt. Et là…L’odeur nous accueille avant même d’entrer.
Une odeur de poisson séché particulièrement présente.
À l’intérieur, les palettes de stockfish sont prêtes à être expédiées.
Le visuel est assez impressionnant. Les poissons sont durs. Très durs.
On comprend mieux pourquoi on peut presque les comparer à du bois.
Derrière ce produit que nous avions simplement aperçu suspendu dans les villages se cache en réalité toute une industrie et surtout une tradition qui remonte à plusieurs siècles.
🌍 Où part le stockfish des Lofoten ?
Une fois séché, trié et conditionné, le stockfish quitte les Lofoten pour rejoindre les tables du monde entier. L’Italie est de loin son principal marché, notamment pour la préparation de la baccalà, mais les exportations se répartissent entre plusieurs pays européens et au-delà. Parmi les principaux marchés figurent l’Italie, le Portugal, la Croatie, le Nigeria, le Brésil, les États-Unis, le Danemark, la Suède, l’Allemagne et la France. Une tradition née dans les villages de pêcheurs norvégiens qui continue donc, plusieurs siècles plus tard, à voyager bien plus loin que les fjords qui l’ont vu naître.
Une dégustation pour terminer la visite
De retour à l’intérieur, nous avons droit à une dégustation. Saumon d’un côté. Stockfish de l’autre.
Une manière parfaite de comparer deux produits qui représentent deux époques différentes de la pêche et de l’économie norvégienne.
Puis il est déjà 12 h 30. Nous avons passé près de trois heures à découvrir cet univers. Il est donc temps de passer à table.
Et quoi de mieux que de goûter directement les produits que nous venons de découvrir ?
Du poisson directement dans l’assiette
Nous profitons du restaurant du centre.
Les produits de la mer sont évidemment à l’honneur.
Le poisson est cuisiné directement sur place.
Nous prenons le temps de déjeuner tranquillement avant de repartir.
Quelques souvenirs dans les sacs…
Et nous voilà de nouveau sur la route.
Car aujourd’hui, il nous reste encore beaucoup de kilomètres.
220 kilomètres… quatre heures de route
Notre destination se trouve à environ 220 kilomètres. Sur une carte, cela pourrait sembler assez peu. Mais nous sommes aux Lofoten. Et ici, les kilomètres ne se parcourent pas comme sur une autoroute française. Routes sinueuses. Villages. Ponts. Montagnes. Fjords. Limitations de vitesse.
Et surtout…
Des paysages qui donnent envie de s’arrêter toutes les dix minutes. Nous faisons donc quelques haltes du côté de Leknes, profitons encore de quelques petites boutiques et multiplions les arrêts photo. Au final, ces 220 kilomètres nous demanderont environ quatre heures. Mais nous ne regrettons absolument pas ce rythme. Après tout, c’est aussi cela, voyager dans les Lofoten.
Notre dernier hôtel norvégien
Il est environ 19 heures lorsque nous arrivons enfin à destination.
Un grand parking. Plusieurs bâtiments. Une petite plage. Un port.
Et surtout un ensemble hôtelier qui semble avoir traversé les époques.
L’endroit possède un charme incroyable.
Nous nous dirigeons vers la réception.
Nous traversons une grande salle où nous apercevons déjà le buffet du soir. Un coin salon pour la détente.
L’ambiance est immédiatement différente de celle de nos précédents hébergements.
Plus historique. Plus élégante. Presque hors du temps.
Nous récupérons les clés de notre chambre.
Ou plutôt…De notre suite. Mais avant cela nous passerons devant les petits coins avec de drôles de petits panneaux indicatifs, je vous laisse voir cela sur les deux photos ci dessous.
Comme des châtelains
Nous sommes installés dans la maison principale.
Un long couloir donne sur un salon à la décoration d’époque.
Sur la droite, une porte s’ouvre sur notre chambre.
Une vaste pièce avec un petit salon et sa télévision.
Puis, dans un angle, une salle de bain avec une belle baignoire sur pieds.
Après plusieurs jours dans les cabanes de pêcheurs, nous changeons complètement d’ambiance.
Ce soir…
Nous prenons nos quartiers comme des châtelains.
Un buffet qui nous réserve une bonne surprise
L’hôtelier nous avait prévenus.
Comme partout ailleurs, le manque de personnel se fait sentir.
Le dîner ne sera donc pas servi à la carte, mais sous forme de buffet.
Nous étions un peu curieux de voir ce que cela donnerait.
Et finalement…Très bonne surprise.
Le rapport qualité-prix est excellent.
Pour environ 30 €, ce qui reste rare pour la Norvège, nous profitons d’un repas complet. Entrées. Soupe. Plats. Desserts.
Une cuisine simple, presque comme à la maison.
Et finalement, c’est exactement ce qu’il nous fallait après cette longue journée de route.
Dernière soirée avant l’aéroport
Après le dîner, nous retournons tranquillement dans notre suite. Un thé. Un peu de repos. Puis une petite balade dans le domaine de l’hôtel. La plage est juste là. Le petit port aussi. L’ambiance est paisible.
Nous profitons encore une fois de cette lumière particulière des soirées norvégiennes. Demain, il faudra déjà penser à quitter les Lofoten.
Mais ce soir, nous avons encore une dernière nuit dans cet univers si particulier. Une bonne nuit de sommeil nous attend.
Et après avoir traversé les Lofoten du sud au nord, nous voilà désormais à quelques heures de la fin de cette grande aventure norvégienne.