Première matinée dans les Lofoten
Après une bonne nuit dans notre belle maison de pêcheur d’Anker Brygge, nous commençons cette première vraie journée aux Lofoten par un copieux buffet de petit-déjeuner.
Et ici encore, difficile de faire l’impasse sur le saumon, le hareng, le bacon et toutes les préparations sucrées ou salées qui garnissent les tables. Mais ce matin, une nouveauté attire particulièrement mon attention. Un gaufrier.
Ni une ni deux, me voilà en train de confectionner ma propre gaufre. Je pense que le gaufrier s’en souvient encore…
Après ce plein d’énergie, il est temps de découvrir les montagnes qui entourent Svolvær.
À l’assaut de Fløya
Depuis les abords de Svolvær, un sentier permet de prendre rapidement de la hauteur et de rejoindre les hauteurs de Fløya.
C’est exactement ça les randos dans les Lofoten.
Ici, pas besoin de parcourir quinze kilomètres avant d’avoir l’impression d’être en pleine montagne.
Le départ se fait presque depuis la ville et, en quelques minutes, le décor change complètement.
Le sentier devient rapidement plus sportif.
Marches de pierre, rochers à franchir, passages où il faut chercher son appui…
Puis apparaissent les fameuses marches des Sherpas, que nous allons retrouver à plusieurs reprises durant notre séjour.
Ces fameux escaliers qui grimpent droit dans la montagne
En Norvège, de nombreux sentiers de montagne ont été aménagés avec des escaliers en pierre construits par des Sherpas népalais.
Le principe est assez remarquable.
Plutôt que de laisser des milliers de randonneurs emprunter de multiples traces autour d’un sentier, les marches concentrent les passages sur un itinéraire précis.
Cela permet de limiter l’érosion, de protéger la végétation fragile et de rendre certains sommets beaucoup plus accessibles.
Les premiers projets norvégiens de ce type remontent à 2005, et des Sherpas népalais ont depuis construit des centaines d’escaliers de montagne à travers le pays.
Cela résume finalement assez bien la relation particulière que les Norvégiens entretiennent avec leur nature.
L’objectif n’est pas d’interdire l’accès à la montagne pour la protéger.
Au contraire.
Il s’agit de permettre aux hommes de profiter de la nature tout en faisant en sorte que leur passage la dégrade le moins possible.
Et nous allons rapidement comprendre l’intérêt de cette méthode.
Car ces marches sont parfois très raides.
Mais elles permettent de transformer une ascension difficile en un véritable sentier de montagne.
La Porte du Diable
Après cette première montée, le sentier devient beaucoup plus rocheux.
Ici, les marches ne sont plus toujours suffisantes.
Il faut parfois grimper directement sur les rochers.
Certains passages sont particulièrement acrobatiques et doivent être encore plus délicats par temps humide.
Au-dessus de nous, les amateurs d’escalade peuvent s’attaquer à des formations rocheuses impressionnantes.
Mais ce qui impressionne surtout, c’est la vue.
Svolvær s’étend désormais sous nos pieds.
Le port paraît minuscule.
Les montagnes plongent directement dans la mer.
Et au loin, les sommets déchiquetés donnent déjà un aperçu de ce qui nous attend dans les prochains jours.
Nous, nous poursuivons vers Djevelporten, la fameuse Devil’s Gate, littéralement la Porte du Diable.
Un énorme bloc rocheux est coincé entre deux parois de montagne.
Le décor est spectaculaire.
Cette randonnée est finalement un parfait résumé de ce qui nous plaît dans les Lofoten :
peu de kilomètres, beaucoup de dénivelé et une récompense presque immédiate.
Nous redescendons ensuite vers Svolvær.
Une première matinée sportive vient de s’achever.
Et pourtant, notre journée est loin d’être terminée.
Kabelvåg, entre patrimoine et surprise
Nous reprenons la voiture en direction de Kabelvåg, un petit village côtier situé à quelques kilomètres de Svolvær.
Impossible de manquer son imposante église, la Vågan Church, qui domine le paysage.
Nous arrivons justement au moment où quelque chose semble se préparer.
Il est environ 12 h 30. Une cérémonie commence. Il s’agit en fait d’un mariage.
Un petit passage par la supérette, quelques pas sur la place du village…
Puis le ciel commence à changer.
Les nuages s’accumulent.
La pluie semble se rapprocher.
Nous reprenons la route.
Henningsvær sous la pluie
Notre prochaine étape est l’un des villages les plus connus des Lofoten :
Henningsvær.
Mais l’arrivée est un peu moins idyllique que ce que nous avions imaginé.
Le village attire énormément de visiteurs et, entre les places déjà occupées et les nombreuses interdictions de stationnement, trouver une place relève presque du jeu de piste.
Nous finissons tout de même par en trouver une.
Et au moment où nous sortons de la voiture…
La pluie se met à tomber franchement.
Pas question de lutter.
Nous cherchons un refuge et le trouvons dans un endroit pour le moins original :
Trevarefabrikken.
Installée dans une ancienne usine, cette adresse mélange café, restaurant, hébergement et espaces de vie dans une ambiance de grand loft.
Le lieu semble tout droit sorti d’une autre époque.
Une sorte de retour dans les années 60, avec une décoration décalée et une atmosphère particulièrement chaleureuse.
Nous commandons un chocolat chaud, un thé et une pâtisserie locale.
Et puisqu’ici nous fonctionnons souvent avec un petit-déjeuner norvégien particulièrement copieux, cela fera finalement office de déjeuner.
La petite douceur norvégienne
La pâtisserie que nous choisissons est la fameuse kanelbolle, cette brioche roulée à la cannelle que l’on trouve absolument partout en Norvège.
Impossible de passer à côté.
Il en existe d’ailleurs de nombreuses variantes, mais la version à la cannelle reste un incontournable.
Après cette pause bien au chaud, nous repartons explorer Henningsvær.
Petites boutiques. Artisans locaux. Ateliers. Quelques maisons colorées.
Et, de temps à autre, ces drôles de poissons séchés suspendus dans le village. Ici des têtes au fond d’un garage.
Ce sont les fameux stockfish, ou tørrfisk en norvégien.
De la morue, principalement du cabillaud, séchée naturellement à l’air froid et sec des Lofoten.
C’est une véritable tradition de l’archipel et l’un des produits qui ont contribué à faire sa richesse pendant des siècles.
On en retrouvera d’ailleurs régulièrement au cours de notre voyage.
Le terrain de football le plus célèbre des réseaux sociaux
La pluie ne semble toujours pas vouloir nous laisser tranquilles. Nous avions pourtant prévu de réaliser quelques images au drone du célèbre terrain de football de Henningsvær. Vous avez probablement déjà vu ces images. Un petit terrain posé sur un îlot rocheux, entouré par la mer et les montagnes.
Dès que l’on tape Henningsvær sur les réseaux sociaux, difficile de passer à côté.
Mais aujourd’hui… Le drone restera dans son sac. Le ciel est beaucoup trop couvert. Ou simplement pour nos souvenirs de cette journée pluvieuse.
À la recherche du soleil
Nous décidons de poursuivre notre route vers l’ouest. Et petit à petit, le ciel commence effectivement à s’ouvrir.
Les paysages se succèdent. Un lac. Un pont. Un morceau de fjord. Une montagne. Puis soudain… Une plage de sable blanc.
Nous arrivons à Vik Beach. Quelques courageux se baignent. D’autres profitent des vagues pour surfer.
Nous ne sommes pas vraiment équipés pour cela, mais le spectacle bien qu’encore couvert est magnifique.
À quelques minutes seulement se trouve une autre plage, encore plus célèbre.
Haukland Beach. Point de départ de notre seconde randonnée de la journée.
Direction Uttakleiv par les hauteurs
Nous attaquons l’ascension du Mannen, petit sommet culminant à environ 400 mètres au-dessus de la mer.
Encore une fois, le principe est typiquement lofotéen :
partir presque du niveau de la mer et grimper rapidement.
Le sentier nous conduit progressivement vers un col.
Un petit lac de montagne apparaît.
Puis une longue vallée s’ouvre devant nous.
Nous poursuivons notre chemin, accompagnés de quelques moutons qui profitent eux aussi des pâturages.
La descente nous mène progressivement vers Uttakleiv Beach.
Le paysage est superbe.
La plage mélange le sable blanc et l’herbe verte, avec cette mer d’un bleu presque irréel.
Nous poursuivons ensuite notre boucle le long de la côte. De petites plages apparaissent les unes après les autres.
L’eau semble presque irréelle.
On pourrait encore une fois se croire dans un lagon tropical.
Seule différence…
Ici, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de se jeter à l’eau !
Cette seconde randonnée est plus proche de ce que nous marchons habituellement : davantage de kilomètres, moins d’escalade et une belle boucle permettant de profiter pleinement du paysage.
Les Lofoten commencent décidément très fort.
Une soirée à Ballstad
Il est environ 19 heures lorsque nous reprenons la voiture.
Notre prochaine étape se trouve à une vingtaine de minutes :
Ballstad.
Nous allons passer la nuit à Solsiden Brygge.
Une nouvelle fois, nous dormons dans une ancienne cabane de pêcheur installée directement sur le port.
L’intérieur est cette fois beaucoup plus moderne que notre logement de Svolvær.
Mais le cadre est magnifique.
Après avoir posé nos affaires, nous profitons d’un bon sauna.
Une tradition qui commence décidément à prendre une place importante dans nos soirées norvégiennes.
Puis direction le restaurant de l’hôtel.
Et là encore, très bonne surprise.
La cuisine est soignée et nous nous laissons tenter par une petite dégustation de desserts.
Parmi eux, une panna cotta au brunost, le fameux fromage brun norvégien.
Jusqu’à présent, nous avions surtout goûté ce fromage au petit-déjeuner.
Jusqu’à présent, nous avions surtout goûté ce fromage au petit-déjeuner.
Bon…
Mais pas forcément notre coup de cœur absolu.
En revanche, travaillé en dessert, tout change.
Son côté caramélisé donne à la panna cotta un goût qui nous rappelle immédiatement…
le caramel au beurre salé.
Et là, forcément, nous sommes en terrain connu.
Une belle façon de terminer cette première vraie journée dans les Lofoten.
Nous regagnons notre cabane avec le bruit de l’eau du port en fond sonore.
Une nouvelle journée riche en découvertes et en randonnée vient de s’achever.
Et après seulement une journée…
Nous commençons déjà à comprendre pourquoi les Lofoten ont une réputation aussi exceptionnelle.