Le rendez-vous que nous attendions depuis notre arrivée
Depuis plusieurs semaines déjà, un nom revenait sans cesse lorsque nous préparions ce voyage : Preikestolen.
Cette immense falaise suspendue à plus de 600 mètres au-dessus du Lysefjord est devenue l’un des symboles de la Norvège.
Mais avant de l’admirer depuis son sommet, nous avions choisi une approche différente.
Aujourd’hui, nous allions d’abord le découvrir… depuis le fjord.
Après un nouveau petit-déjeuner dont les hôtels norvégiens semblent avoir le secret, nous rejoignons tranquillement le port de Stavanger.
Notre embarquement est prévu peu avant 10 heures.
Une croisière comme nous l’espérions
Dès notre arrivée au quai, nous comprenons que nous avons fait le bon choix.
Ici, pas d’immense bateau transportant plusieurs centaines de passagers.
Nous embarquons à bord d’un élégant bateau accueillant moins d’une cinquantaine de personnes.
Tout respire le calme.
Le pont est suffisamment spacieux pour que chacun profite pleinement du paysage sans devoir jouer des coudes.
À l’intérieur, les fauteuils en cuir, les boiseries nobles et les finitions en alcantara créent une atmosphère presque digne d’un salon privé.
Le bateau quitte doucement Stavanger avant de s’enfoncer dans le Lysefjord.
Très rapidement, les falaises deviennent de plus en plus impressionnantes.
Le silence est uniquement interrompu par le bruit du moteur et celui des cascades qui surgissent ici et là le long des parois rocheuses.
À plusieurs reprises, le capitaine approche volontairement le bateau au plus près de certaines chutes d’eau.
Nous sentons alors les fines gouttelettes nous rafraîchir le visage.
L’expérience est aussi surprenante qu’agréable.
Plus loin, quelques chèvres de montagne apparaissent sur une corniche.
Perchées sur des falaises qui semblent totalement inaccessibles, elles évoluent avec une facilité déconcertante.
Puis vient enfin le moment que tout le monde attend.
Au détour d’un virage apparaît le Preikestolen. Vu depuis le fjord, la falaise paraît encore plus gigantesque. Le plateau rocheux domine littéralement les eaux du Lysefjord.
Difficile d’imaginer qu’en fin d’après-midi, nous nous trouverons là-haut. Vers 12h30, nous retrouvons le port de Stavanger.
Le charme intemporel de Gamle Stavanger
Avant d’enfiler nos chaussures de randonnée, nous profitons encore quelques heures de la ville.
Notre première étape est Gamle Stavanger, le vieux quartier.
Ses ruelles pavées et ses quelque 170 maisons en bois blanches, construites entre les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, offrent un véritable voyage dans le temps.
Dans les années 1950, ce quartier aurait pourtant pu disparaître.
La municipalité envisageait de le démolir avant qu’une importante campagne de sauvegarde ne permette sa restauration.
Aujourd’hui, il constitue l’un des ensembles de maisons en bois les mieux préservés d’Europe du Nord.
Nous prenons plaisir à flâner entre les petites ruelles fleuries.
Chaque maison semble avoir sa propre personnalité.
Une pause gourmande très norvégienne
L’heure du déjeuner approche.
Nous nous arrêtons dans une boulangerie locale où nous dégustons de généreuses tartines scandinaves garnies de produits frais.
Impossible également de quitter la Norvège sans goûter aux célèbres Kanelbolle.
Ces brioches à la cannelle sont absolument partout.
Au petit-déjeuner.
Dans les cafés.
Dans les boulangeries.
Et même déclinées sous de nombreuses variantes : crème pâtissière, pistache, chocolat…
Nous comprenons rapidement pourquoi elles sont si populaires.
Difficile de n’en manger qu’une seule.
Les couleurs de Stavanger
Notre promenade nous conduit ensuite dans le célèbre quartier aux maisons colorées.
Les façades rouges, jaunes, bleues ou vertes apportent une touche étonnamment moderne à cette ville pourtant très attachée à son patrimoine.
Chaque rue semble inviter à sortir l’appareil photo.
Vers 15 heures, nous retournons à l’hôtel. Le moment est venu de changer complètement d’ambiance.
Les vêtements de ville laissent place aux chaussures de randonnée, aux sacs à dos et aux gourdes. Direction le parking du Preikestolen.
Une randonnée bien plus sportive que prévu
À 16 heures, nous commençons enfin l’ascension. Sur le papier, le programme semblait presque facile.
Une dizaine de kilomètres aller-retour. Environ 350 mètres de dénivelé positif.
Rien qui puisse réellement nous inquiéter.
La réalité est tout autre.
Le sentier ne laisse quasiment aucun répit.
Les montées sont franches.
Très franches.
Les immenses marches de pierre se succèdent sans interruption.
Par endroits, il faut utiliser ses mains pour progresser sur les rochers.
Ailleurs, des chaînes fixées dans la roche permettent de franchir les passages les plus abrupts.
Les jambes chauffent rapidement.
Le souffle aussi.
Mais c’est exactement ce que nous aimons.
Chaque effort nous rapproche un peu plus du sommet.
L’instant où tout s’arrête
Puis arrive ce moment.
Celui où le sentier débouche soudain sur une immense dalle rocheuse.
Devant nous…
Le vide.
Plus de 600 mètres plus bas, le Lysefjord serpente entre les montagnes.
La vue est absolument saisissante.
Nous reconnaissons même l’endroit où naviguait notre bateau quelques heures auparavant.
Ce contraste est incroyable.
Le matin, nous levions les yeux vers cette falaise.
Le soir, nous contemplons le fjord depuis son sommet.
Le Preikestolen est devenu mondialement célèbre, notamment grâce à la scène finale du film Mission: Impossible – Fallout, dans laquelle Tom Cruise évolue au bord de cette impressionnante falaise.
Mais aucune image ne prépare réellement à ce que l’on ressent une fois sur place.
Nous prenons le temps de nous asseoir.
D’admirer.
De photographier.
Et simplement de profiter.
Ces instants resteront probablement parmi les plus marquants de notre voyage.
Une dernière étape avant la nuit
Après la descente, nous reprenons tranquillement la route vers Stavanger.
Le soleil commence à décliner lorsque nous faisons un dernier arrêt.
Impossible de quitter la ville sans passer devant les célèbres Sverd i fjell.
Ces trois immenses épées plantées dans la roche commémorent la bataille de Hafrsfjord, qui permit au roi Harald à la Belle Chevelure d’unifier la Norvège au IXᵉ siècle.
À la lumière dorée du soleil couchant, le monument est encore plus impressionnant.
Il est près de 22 heures lorsque nous retrouvons enfin notre hôtel.
La fatigue est bien présente.
Mais aujourd’hui, nous avons vécu l’une des journées que nous attendions le plus depuis le début de ce voyage.
Et elle a largement dépassé toutes nos attentes.