Jour 12 — Des marches de Reine au coucher de soleil en kayak 🇳🇴

Jour 12 — Des marches de Reine au coucher de soleil en kayak 🇳🇴

Une journée à ne surtout pas manquer

Après une excellente nuit dans le cocon de notre petit rorbuer, nous commençons la journée tranquillement.

Depuis le dĂ©but de notre voyage, nous avons d’ailleurs remarquĂ© une chose assez constante en Norvège : les lits sont incroyablement moelleux.

Des matelas enveloppants, de bonnes couettes bien Ă©paisses…Bref, il est particulièrement facile de bien dormir ici.

Ce matin, notre petit-déjeuner sera plus simple.

Nous avions finalement réussi à trouver quelques provisions la veille : une boule à la cannelle, un bon thé et un peu de chocolat norvégien.

Ce ne sera pas le buffet de l’hĂ´tel, mais largement de quoi dĂ©marrer cette journĂ©e qui s’annonce exceptionnelle.

Car aujourd’hui…Le soleil est lĂ . Et après la pluie d’hier, nous comptons bien en profiter au maximum.

Reine, première étape

Nous prenons la voiture pour rejoindre Reine, Ă  seulement une dizaine de minutes de notre logement.

Le village est probablement l’un des plus connus des Lofoten.

Et nous comprenons rapidement pourquoi.

Le problème, c’est que nous ne sommes Ă©videmment pas les seuls Ă  avoir eu la mĂŞme idĂ©e.

Entre les interdictions de stationnement et les parkings qui commencent déjà à se remplir, trouver une place nous demande un peu de patience.

Nous finissons finalement par nous garer près du stade de football.

Et c’est ici que commence notre randonnĂ©e du jour.

1 900 marches vers les hauteurs de Reine

Nous retrouvons une nouvelle fois ces fameuses marches construites par les Sherpas népalais.

Mais cette fois, nous passons clairement Ă  un autre niveau.

Environ 1 900 marches nous attendent pour atteindre les hauteurs de Reinebringen.

Pour donner une idĂ©e de ce que cela reprĂ©sente, c’est presque trois fois les quelque 670 marches de la tour Eiffel.

Et pourtant, il ne faut surtout pas imaginer un gigantesque escalier parfaitement régulier.

Ici, les marches sont intégrées directement à la montagne.

Certaines sont hautes, d’autres basses.

La roche affleure parfois.

Le rythme change constamment.

Et surtout, l’ensemble grimpe très franchement.

Nous allons finalement avaler environ 500 mètres de dénivelé sur une distance relativement courte.

Avec des tempĂ©ratures comprises entre 8 et 15 °C, on pourrait penser qu’il faut se couvrir.

Mais une fois lancĂ© dans l’ascension…

Le short et le tee-shirt deviennent finalement la meilleure tenue.

Comme toujours en Norvège, nous gardons toutefois les vĂŞtements chauds et l’Ă©quipement de pluie dans le sac.

On ne sait jamais.

 

Une récompense spectaculaire

L’ascension est soutenue, mais les marches permettent finalement de progresser Ă  un rythme assez rĂ©gulier.

Et puis, petit Ă  petit, la vue commence Ă  s’ouvrir.

Quelques derniers efforts…

Et nous arrivons au sommet.

La récompense est immédiate.

Sous le soleil, les Ă®lots des Lofoten s’Ă©tendent devant nous.

Reine.

Sakrisøy.

Hamnøy.

Les petites maisons rouges semblent posĂ©es sur les rochers et les langues de terre, entourĂ©es par une mer d’un bleu profond.

C’est probablement l’une des plus belles vues que nous ayons eues depuis le dĂ©but de nos voyages.

Et aujourd’hui, les conditions sont parfaites.

Pas de pluie.

Une bonne lumière.

Les montagnes parfaitement dégagées.

Nous sortons les appareils photos et profitons longuement du panorama.

C’est exactement pour ce genre de moment que nous sommes venus jusqu’ici.

Une descente qui demande autant de concentration

Il faut maintenant redescendre.

Et forcĂ©ment…

Les mĂŞmes 1 900 marches nous attendent dans l’autre sens.

La descente est plus rapide, mais elle demande finalement beaucoup de concentration.

Chaque pas doit être posé correctement.

Les marches sont irrégulières et la fatigue commence à se faire sentir.

Nos genoux tiennent bon et nous retrouvons finalement Reine vers 13 h 30.

Petite pause Ă  Reine

Nous profitons de notre retour dans le village pour flâner quelques minutes. Après l’effort, il faut bien reprendre quelques forces.

Un petit hot-dog fera parfaitement l’affaire. Mais nous avons dĂ©jĂ  une autre idĂ©e en tĂŞte. 

La prochaine étape doit nous permettre de trouver un dessert bien plus local. 

Direction Ă…. Et non, ce n’est pas une faute de frappe.

Ă…, au bout du bout

Ă… est littĂ©ralement l’un des derniers villages accessibles par la route aux Lofoten.

Nous empruntons donc la route qui s’enfonce toujours plus loin dans l’archipel.

Le village est minuscule.

On a presque davantage l’impression de visiter un village-musĂ©e qu’une vĂ©ritable agglomĂ©ration.

Mais c’est justement ce qui fait son charme.

Les anciennes cabanes de pĂŞcheurs, les maisons traditionnelles et les bâtiments liĂ©s Ă  la pĂŞche donnent une bonne idĂ©e de ce qu’Ă©tait la vie dans ces villages avant l’arrivĂ©e du tourisme.

Et surtout…Il y a les mouettes. Des centaines. Peut-ĂŞtre mĂŞme des milliers.

Elles nichent partout, y compris sur les toits. Le bruit est assourdissant.

Une véritable cacophonie au-dessus de nos têtes.

Nous faisons le tour du village. Mais notre véritable objectif est ailleurs. La boulangerie.

Nous trouvons finalement la boulangerie.

Enfin…

Nous trouvons l’endroit oĂą elle se trouve.

Mais à notre arrivée, un panneau nous accueille :

SOLD OUT.

Trop tard.

Ici, tout est petit et fonctionne encore un peu Ă  l’ancienne.

Il faudra donc trouver une autre solution pour notre goĂ»ter…

Nous remontons dans la voiture et reprenons la route vers le nord. Cette fois, nous nous arrêtons régulièrement.

Chaque virage offre une nouvelle vue. Une petite plage. Un village. Un pont. Une montagne. Une baie.

Les Lofoten sont dĂ©cidĂ©ment difficiles Ă  traverser sans s’arrĂŞter toutes les cinq minutes pour prendre une photo.

Nous profitons également du passage dans quelques villages pour faire quelques courses.

Cette fois, nous pensons au goĂ»ter…Mais aussi aux petits-dĂ©jeuners des prochains jours.

Retour au rorbuer

Nous arrivons à notre logement vers 17 heures. Une petite heure pour souffler, se préparer et surtout reprendre quelques forces.

Car notre deuxième activité de la journée nous attend. Et celle-ci va nous faire découvrir les Lofoten sous un angle totalement différent.

Depuis la mer.

 

Un dîner rapide avant de prendre la mer

Vers 18 heures, nous traversons la baie pour rejoindre Sakrisøy.

Nous retournons chez Anita’s, l’endroit oĂą nous avions trouvĂ© notre petite boutique quelques jours plus tĂ´t.

Ici, on trouve également une restauration rapide plutôt originale.

Disons une sorte de version locale du fast-food.

Nous avions pourtant décidé de ne pas manger de burger pendant nos vacances.

Mais la carte nous fait changer d’avis.

Car ici, les burgers ne sont pas vraiment ceux auxquels nous sommes habitués.

Poisson.

Crevettes.

Produits locaux.

Six recettes différentes sont proposées.

Nous en choisissons un chacun.

La prĂ©paration se fait devant nous et, contre toute attente…

C’est vraiment excellent.

Nous avons volontairement choisi quelque chose de rapide.

Car nous avons rendez-vous juste en face Ă  18 h 50.

Il est temps de découvrir les Lofoten autrement.

Les Lofoten en kayak

Nous retrouvons notre guide ainsi que les trois autres personnes qui participeront Ă  l’excursion. Ce soir, nous allons dĂ©couvrir l’archipel…

En kayak de mer. Après quelques explications sur la sĂ©curitĂ© et le fonctionnement de l’embarcation, nous rejoignons le quai. Gilet de sauvetage. Jupe de kayak. VĂŞtements chauds. Et nous voilĂ  prĂŞts.

Nous embarquons parmi les premiers. Les premières secondes sont un peu hĂ©sitantes. Le kayak bouge. L’eau est juste lĂ . Et une pensĂ©e nous traverse rapidement : surtout, ne pas se retourner. 

Parce qu’ici, l’eau n’est clairement pas Ă  la tempĂ©rature d’une piscine ! 

Nous commençons Ă  apprivoiser notre embarcation. Nous sommes deux par kayak. La personne installĂ©e Ă  l’arrière dispose de pĂ©dales permettant de diriger le gouvernail. Il faut donc surtout apprendre Ă  pagayer ensemble. Pas besoin que celui de l’arrière arrĂŞte de pagayer pour tourner. Il suffit de synchroniser les mouvements et de laisser le gouvernail faire son travail.

Au bout de quelques minutes, tout le monde est prêt. Nous suivons notre guide.

Trois heures sur l’eau

Nous allons parcourir environ 8 kilomètres, entre 19 heures et un peu après 22 heures. Le rythme est tranquille.

Mais pagayer pendant plusieurs heures demande tout de mĂŞme un certain effort. Et surtout, le paysage est totalement diffĂ©rent vu depuis la mer. Nous naviguons entre Sakrisøy et Reine, dans cette partie plus abritĂ©e de l’archipel. Puis nous passons sous un petit ponton.

Sous nos kayaks, un autre monde apparaĂ®t. Des coraux accrochĂ©s au fond. Des oursins. Des Ă©toiles de mer. Quelques poissons. La mer des Lofoten n’est pas seulement belle depuis la surface. Elle est Ă©galement incroyablement vivante.

Au rythme des vagues

Nous poursuivons notre balade et quittons progressivement les eaux les plus abritĂ©es. Le vent se fait sentir. Les vagues deviennent plus prĂ©sentes. Ici, il faut continuer Ă  pagayer. Si nous arrĂŞtons de pousser sur les pagaies, le kayak repart rapidement en arrière sous l’effet du vent. Alors on pagaie. Encore. Et encore. Mais le spectacle en vaut largement l’effort.

Le soleil commence progressivement Ă  descendre derrière les montagnes. La lumière change. Les sommets se parent de teintes plus douces. Et les reflets se prolongent sur la surface de l’eau. Puis nous assistons au coucher du soleil. Pas vraiment un coucher de soleil comme on peut en connaĂ®tre ailleurs.

Ici, le soleil disparaît lentement derrière les montagnes tandis que la lumière continue de baigner le paysage. Un moment suspendu.

Un peu de Norvège racontée depuis la mer

Tout au long de la balade, notre guide nous parle du pays. Il nous fait découvrir certaines particularités de la vie norvégienne, nous pose des questions, nous raconte des anecdotes sur les habitudes locales et nous aide à comprendre un peu mieux ce territoire dans lequel nous voyageons depuis maintenant presque deux semaines. 

Nous quittons ensuite les eaux intĂ©rieures pour longer la cĂ´te extĂ©rieure des Ă®les. Et c’est lĂ  que nous rĂ©alisons encore davantage la gĂ©ographie particulière des Lofoten. Les Lofoten sont un archipel : une succession d’Ă®les montagneuses reliĂ©es entre elles par des ponts, des tunnels et des ferries. Depuis la mer, leur caractère insulaire apparaĂ®t encore plus clairement.

Au loin, nous distinguons les côtes des autres terres. À proximité, des bancs de poissons apparaissent à la surface. Ils sautent autour de nous puis disparaissent dans les profondeurs à notre approche.

Nous continuons notre progression. Le jour décline. La mer se calme à nouveau. Et nous profitons simplement du moment.

Une expérience gravée dans nos souvenirs

Un peu après 22 heures, notre sortie touche à sa fin. Nous retrouvons le quai, ramenons les kayaks et retirons notre équipement.

Il ne nous reste que quelques minutes de marche pour retrouver notre rorbuer. Une douche chaude. Un petit thé. Et nous voilà de retour dans notre cocon. Encore une fois, nous ne nous coucherons pas vraiment tôt. 

Il est dĂ©jĂ  presque minuit. Mais dehors… Il fait toujours jour. Enfin, presque.

Le crĂ©puscule s’installe doucement. 

Et comme depuis le début de notre séjour, nous ne voulons surtout pas fermer complètement les rideaux. La vue est beaucoup trop belle. Alors nous acceptons le compromis : un peu moins de sommeil, mais beaucoup plus de Lofoten.

Cette journée aura finalement été exactement celle que nous espérions. Une randonnée spectaculaire le matin. Le bout du bout à Å. Et trois heures à pagayer entre les îles au coucher du soleil. 

Demain, une nouvelle journée nous attend.

Et la mĂ©tĂ©o nous promet dĂ©jĂ  un ciel beaucoup moins gĂ©nĂ©reux…

Alors autant profiter encore un peu de cette lumière avant de fermer les yeux.

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