Quand la route devient le plus beau des paysages
Le réveil est un peu particulier ce matin.
Difficile de quitter notre cabine de verre perchĂ©e au-dessus de la vallĂ©e de Dalen. Depuis notre lit, les montagnes semblent encore enveloppĂ©es d’une lĂ©gère brume et seuls le chant des oiseaux et quelques chèvres viennent troubler le silence.
Après un petit-dĂ©jeuner prĂ©parĂ© dans l’espace commun, nous Ă©changeons quelques mots avec nos voisins du matin, un couple de Belges et des NorvĂ©giens venus… de Stavanger.
DrĂ´le de coĂŻncidence : c’est justement notre destination du jour.
Les conseils s’Ă©changent naturellement autour d’un cafĂ© avant qu’il soit temps de reprendre la route.
Premières cascades de la journée
Quelques kilomètres après notre départ, nous faisons une première halte à Edlandsfossen.
Cette jolie cascade est le parfait prĂ©texte pour une première pause photo. L’eau dĂ©vale les rochers dans un dĂ©cor dĂ©jĂ typiquement norvĂ©gien oĂą la nature semble totalement prĂ©servĂ©e.
Mais la véritable surprise nous attend un peu plus loin.
Ă€ proximitĂ© de Gloppefossen, un discret sentier dĂ©bute au bord d’une longue aire de repos. Rien ne laisse vraiment deviner qu’un point de vue spectaculaire se cache quelques centaines de mètres plus loin.
Après moins de dix minutes de marche, nous arrivons au bord d’un impressionnant belvĂ©dère.
Sous nos pieds, la cascade plonge dans un étroit canyon.
Le vide est saisissant et le grondement de l’eau rĂ©sonne entre les parois rocheuses.
Un endroit que nous aurions facilement pu manquer.
La route Suleskarvegen, un dĂ©cor qui ne s’arrĂŞte jamais
Nous poursuivons notre route en direction de Valle, avant d’emprunter la cĂ©lèbre Suleskarvegen (route 450).
Très rapidement, le paysage change.
Les vallées laissent place aux hauts plateaux.
Les lacs apparaissent les uns après les autres, les montagnes se succèdent et la route serpente au milieu d’une nature presque intacte.
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La conduite demande toutefois une certaine vigilance.
La chaussĂ©e est parfois Ă©troite, les touristes s’arrĂŞtent rĂ©gulièrement pour admirer le paysage… et les moutons semblent persuadĂ©s que la route leur appartient.
Il faut reconnaĂ®tre qu’ils n’ont probablement pas tout Ă fait tort.
Pendant plusieurs dizaines de kilomètres, nous avons l’impression de traverser une immense carte postale.
À chaque virage, une nouvelle vue apparaît.
Ă€ chaque sommet, une nouvelle envie de sortir l’appareil photo.
C’est sans doute l’une des plus belles routes que nous ayons parcourues jusqu’Ă prĂ©sent.
Une rencontre pour le moins affectueuse
L’un de nos arrĂŞts restera gravĂ© dans nos mĂ©moires.
Alors que nous descendons de la voiture pour admirer le panorama, un troupeau de moutons vient tranquillement Ă notre rencontre.
Habituellement plutôt méfiants, ceux-ci sont tout le contraire.
Ils s’approchent sans la moindre hĂ©sitation.
Certains cherchent mĂŞme quelques caresses.
Au moment de repartir, l’un d’eux vient carrĂ©ment se coller contre nos jambes.
Comme s’il voulait nous empĂŞcher de partir.
Nous avons presque eu mauvaise conscience de le laisser derrière nous.
Un moment aussi inattendu qu’attendrissant.
Le détour qui valait largement les kilomètres
Nous dĂ©cidons ensuite de faire un aller-retour jusqu’Ă Lysebotn.
Le détour rallonge sensiblement notre journée, mais une simple photo de la route nous avait convaincus.
Et nous n’avons pas Ă©tĂ© déçus.
La descente vers le village est spectaculaire.
Une succession impressionnante de lacets dĂ©vale la montagne jusqu’au fond du fjord, offrant des points de vue vertigineux Ă presque chaque virage.
Une route qui fait partie de ces endroits oĂą le trajet devient une attraction Ă lui seul.
La pluie s’invite Ă Lysebotn
Ă€ notre arrivĂ©e, le ciel dĂ©cide malheureusement de changer d’humeur.
Les premières gouttes tombent rapidement.
Nous nous réfugions dans le café du village pour savourer une boisson chaude en attendant une éventuelle accalmie.
C’est Ă©galement ici que dĂ©bute la randonnĂ©e menant au cĂ©lèbre Kjerag, ce spectaculaire rocher coincĂ© entre deux falaises, suspendu au-dessus du Lysefjord.
Nous avions évidemment envisagé cette randonnée.
Mais entre le temps qui nous manque et une météo devenue beaucoup moins accueillante, la décision est vite prise.
Le Kjerag attendra une prochaine aventure.
Une dernière randonnée pour terminer la journée
La pluie se calme suffisamment pour nous permettre de reprendre la route.
Nous faisons un dernier arrĂŞt afin de rejoindre MĂĄnafossen.
La randonnée est relativement courte.
Enfin… sur le papier.
Car dès les premières minutes, le sentier grimpe très fort.
Les marches s’enchaĂ®nent sans vĂ©ritable rĂ©pit et les mollets commencent rapidement Ă protester.
L’effort est intense.
Mais comme souvent en Norvège, la récompense est au bout du chemin.
La cascade surgit au milieu de la montagne dans un décor sauvage qui mérite largement cette montée exigeante.
Arrivée à Stavanger
En fin d’après-midi, nous effectuons une dernière recharge de notre Toyota avant de rejoindre Stavanger.
Nous arrivons finalement à notre hôtel en début de soirée.
Une nouvelle difficulté nous attend cependant.
En Norvège, on dîne tôt.
Très tôt.
Et lorsque l’on arrive après une longue journĂ©e de route, trouver un restaurant dont la cuisine est encore ouverte relève parfois du dĂ©fi.
Heureusement, après quelques recherches, nous finissons par trouver une bonne adresse encore en service.
La journĂ©e se termine autour d’un bon repas.
En repensant Ă cette Ă©tape, une chose nous vient immĂ©diatement Ă l’esprit.
Aujourd’hui, nous avons surtout roulĂ©.
Et pourtant, nous avons eu l’impression de vivre une journĂ©e entière d’aventures.
Des cascades, des routes parmi les plus belles de Norvège, des moutons particulièrement affectueux, une randonnée exigeante et des paysages qui défilaient sans jamais se ressembler.
Une journée exactement comme nous les aimons.