Jour 10 : Arrivée à l’Ouest – Snaefellsnes

Jour 10 : Arrivée à l’Ouest – Snaefellsnes

Des phoques matinaux à l’extrême ouest de l’Islande

Réveil assez tôt ce matin, avec un petit-déjeuner rapide. L’objectif était clair : profiter une dernière fois de notre petite baie, peuplée d’oiseaux et de nos amis les phoques. Ce matin-là, nous en compterons 7 ou 8, jouant dans l’eau, émergeant tour à tour comme des périscopes facétieux. Deux d’entre eux iront même jusqu’à claquer l’eau avec leur corps, comme pour nous saluer. Un vrai moment de complicité avec la nature.

Les oiseaux, eux, étaient tout aussi actifs. Nous observerons cette espèce blanche à la longue queue, très protectrice de ses petits. Leur cri perçant résonne dès que l’on s’approche un peu trop. Partout, des parents pressés de rapporter vers et poissons à leur progéniture — une véritable animation matinale, typique de la saison des naissances.

Après cette heure paisible, retour à notre point de nuit. Ce « camping » n’a en réalité rien d’un camping classique islandais : c’est plutôt un grand parking géré par la société Parka, la même qui gère de nombreux parkings touristiques via une application mobile très pratique. Caméras à l’entrée, paiement automatisé possible, quelques commodités comme deux toilettes, un évier pour la vaisselle et même l’électricité sur réservation, mais pas de douche. Rustique mais efficace, surtout dans un coin si isolé.

Nous reprenons la route pour une grosse journée de trajet. Direction la péninsule de Snæfellsnes. Mais avant de quitter notre presqu’île, halte à Hvammstangi, petit port où nous visiterons rapidement la boutique du musée du phoque, charmante et bien fournie.

Nous quittons la route n°1 pour éviter la grande boucle et arriver par le nord. Mauvaise surprise : si l’on gagne près de 80 km, on perd en confort et… en temps. Les routes 59 et 54, très peu goudronnées, sont truffées de nids-de-poule. Le van, secoué de toutes parts, fait chanter les ustensiles à l’arrière. Rien d’infranchissable, mais à allure réduite.

Avant d’arriver sur notre boucle de Snæfellsnes, petit détour imprévu à Stykkishólmur : un phare surplombant la mer, une église moderne étonnante, des maisons colorées… L’arrêt valait le coup. Nous poursuivons sur la 54, passant devant la cascade de Berserkjahraun, visible depuis la route et très fréquentée — nous passons notre chemin.

La route devient spectaculaire : montagnes, vallées et passages au ras de l’eau, notamment au col Grafarfjörður. Nous longeons la Kirkjufellsfoss, croisons la route 55 (qui mène à un col que nous prendrons demain), et arrivons à Bjarnarfoss, superbe chute d’eau située non loin de la petite chapelle noire de Búðakirkja. Avec l’océan et les montagnes en toile de fond, c’est un décor de carte postale.

Le Snæfellsjökull, volcan-glacier mythique, nous accompagne désormais en arrière-plan alors que nous faisons halte à Arnarstapi. Ses falaises regorgent d’oiseaux et sa côte basaltique sculptée par les vagues est un régal pour les yeux. Les plus motivés peuvent marcher jusqu’à Hellnar, mais nous poursuivons vers Lóndrangar, puis la plage de Djúpalónssandur, un magnifique ruban de sable noir.

En fin de journée, nous bouclons la presqu’île autour du Snæfellsjökull pour rejoindre Hellissandur. Ici, un camping tout neuf, bien équipé, nous accueille. Le vent y souffle fort, mais la vue compense largement : à l’extrême ouest de l’Islande, le soleil se couche face à nous, embrasant l’océan. Une plage sauvage à deux pas, un repas chaud, et il est temps de rejoindre nos sacs de couchage.

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