En ce matin du Jour 2, nous prenons encore le temps de savourer Héraklion, avant de quitter la ville. Le soleil est déjà bien présent et la cité s’éveille doucement, entre agitation locale et rythme méditerranéen.
Flânerie matinale dans Héraklion
Nous partons sans réel itinéraire précis, simplement guidés par l’envie de flâner.
Les rues s’animent peu à peu, les commerces ouvrent leurs rideaux et les marchés locaux prennent vie. Les étals débordent de fruits colorés, d’herbes aromatiques, d’olives et de spécialités crétoises. L’occasion parfaite pour effectuer quelques achats locaux et ramener un peu de Crète dans nos sacs.
Notre balade nous mène ensuite vers plusieurs incontournables du centre historique.
L’église d’Agios Titos
Située en plein cœur de la ville, l’église d’Agios Titos est un véritable symbole d’Héraklion.
Son histoire reflète celle de la Crète elle-même : successivement église byzantine, mosquée sous l’occupation ottomane, puis de nouveau église orthodoxe. À l’intérieur, l’atmosphère est paisible, presque hors du temps, contrastant avec l’animation extérieure.
La Venetian Loggia
À quelques pas de là se dresse la Loggia vénitienne, élégante bâtisse datant du XVIᵉ siècle. Autrefois lieu de réunion pour la noblesse vénitienne, elle abrite aujourd’hui l’hôtel de ville. Son architecture raffinée, avec ses arcades et ses lignes symétriques, rappelle l’importance de l’influence vénitienne sur l’île.
Lions Square et la fontaine Morosini
Nous terminons cette boucle par Lions Square, véritable cœur battant d’Héraklion.
La fontaine Morosini, ornée de ses quatre lions, attire aussi bien les habitants que les visiteurs. Autour, les terrasses se remplissent, les conversations s’animent, et l’on ressent pleinement l’énergie de la ville sous ce ciel déjà estival.
Direction le palais de Knossos
En fin de matinée, il est temps de reprendre la route.
À 12h, une visite nous attend au palais de Knossos, situé à une vingtaine de minutes en voiture du centre-ville.
À notre arrivée, nous faisons une courte pause pour un petit casse-croûte, avant de récupérer nos audio-guides. Grâce à nos billets réservés à l’avance, l’entrée se fait sans attente, un vrai confort, surtout lorsque l’affluence commence à se faire sentir.
Visite du palais de Knossos
La visite du site antique dure environ une heure et demie, et transporte immédiatement plusieurs millénaires en arrière.
Le palais de Knossos est le plus célèbre site archéologique de Crète et le cœur de la civilisation minoenne, l’une des plus anciennes d’Europe.
En déambulant entre les vestiges, on découvre un immense complexe aux multiples pièces, cours et couloirs, à l’origine du célèbre mythe du Minotaure et du labyrinthe.
Les éléments marquants de la visite :
les colonnes rouges, emblématiques du site
les fresques restaurées, représentant scènes de vie, dauphins et figures mythologiques
la cour centrale, véritable centre névralgique du palais
les anciens appartements royaux et zones cérémonielles
L’audio-guide permet de mieux comprendre l’organisation du palais, son ingéniosité architecturale et l’importance qu’il a eue à son apogée. Malgré les restaurations parfois controversées, le site reste impressionnant et offre une immersion fascinante dans l’Antiquité.
Fin de visite et suite du voyage
En quittant Knossos, nous mesurons pleinement la richesse historique de la Crète.
Cette matinée, entre ville vivante et vestiges millénaires, marque une transition parfaite avant de poursuivre notre itinéraire vers d’autres paysages de l’île.
Cap vers le sud et mémoire crétoise au monastère d’Arkadi
Après cette matinée riche entre Héraklion et le palais de Knossos, il est temps de prendre la route et de commencer notre véritable traversée de l’île.
Nous empruntons d’abord la route côtière nord, avec la mer Égée en toile de fond. La circulation reste fluide en cette période de l’année, et les paysages défilent tranquillement. Peu avant d’arriver à Réthymnon, nous quittons l’axe principal pour bifurquer sur notre gauche, direction le sud.
Traversée de la Crète intérieure
La route change rapidement de visage.
Les paysages deviennent plus sauvages, plus vallonnés. Les villages se font plus rares, les montagnes se rapprochent, et l’on ressent pleinement cette impression de traverser une île aux multiples visages. Cette traversée intérieure offre un contraste saisissant avec le littoral : oliveraies à perte de vue, routes sinueuses, silence presque total par moments.
Après environ 80 kilomètres, nous atteignons notre prochaine étape : le monastère d’Arkadi.
Arrivée au monastère d’Arkadi
À notre arrivée, nous sommes accueillis par une présence inattendue : de nombreux chats, disséminés un peu partout sur le site. Ils semblent habitués aux visiteurs, mais certains paraissent affamés.
Le calme qui règne ici tranche avec l’importance historique du site. Arkadi n’est pas un simple monastère : c’est l’un des lieux les plus chargés d’émotion de toute la Crète.
Le monastère d’Arkadi et son histoire tragique
Le monastère d’Arkadi est profondément ancré dans l’histoire et la mémoire collective crétoise.
Il est devenu un symbole de la résistance contre l’occupation ottomane, et plus particulièrement d’un événement dramatique survenu en 1866, lors de la grande révolte crétoise.
À cette époque, le monastère servait de refuge à des moines, mais aussi à de nombreux civils : femmes, enfants et combattants. Assiégés par les troupes ottomanes pendant plusieurs jours, les défenseurs d’Arkadi se retrouvèrent rapidement sans issue.
Plutôt que de se rendre, les moines et les résistants prirent une décision tragique mais héroïque :
ils firent exploser le dépôt de poudre, provoquant la mort de tous ceux qui s’étaient réfugiés dans le monastère, mais aussi de nombreux assaillants.
Ce sacrifice marqua profondément la Crète et contribua à attirer l’attention de l’Europe sur la lutte du peuple crétois pour sa liberté. Aujourd’hui encore, Arkadi est considéré comme un lieu sacré et un symbole de courage, de dignité et de résistance.
Une visite chargée d’émotion
La visite du monastère se fait dans un silence respectueux.
Les bâtiments sont sobres, l’église centrale se dresse fièrement, et certaines pièces témoignent encore du drame vécu ici. Chaque pierre semble raconter une histoire, et l’atmosphère invite naturellement au recueillement.
En quittant Arkadi, on ne ressort pas indemne.
Ce lieu rappelle que la Crète ne se résume pas seulement à ses plages et à ses paysages : c’est aussi une île au passé fort, douloureux et profondément humain.
Notre route continue encore plus au sud, vers un tout autre décor.
Sur les plaines que nous traversons, une scène presque irréelle s’offre à nous : un berger et son troupeau, avançant lentement sur la route, parfaitement encadrés par leurs chiens de berger. Le tout se déroule dans un décor de carte postale, avec en arrière-plan le lac et son barrage, paisibles et lumineux sous le soleil de l’après-midi.
Première randonnée : les gorges de Patsos / Agios Antonios
Nous arrivons aux gorges de Patsos, aussi appelées gorges d’Agios Antonios, avec l’envie de débuter cette aventure crétoise par une première randonnée.
Le plan est clair : une randonnée aller-retour d’environ 7 km pour atteindre le lac artificiel et son barrage, idéale pour se mettre en jambes. Une boucle plus longue existe, mais nous avons volontairement opté pour cette version plus courte.
Après nous être garés en amont, près d’une petite ferme, les premières indications apparaissent.
Ça y est : première randonnée des vacances.
Dès les premiers mètres, le ton est donné.
Le sentier serpente le long de la rivière, empruntant de petits chemins étroits, parfois ombragés. Le paysage est encore très vert, preuve que le printemps est bien installé en Crète.
Entre spiritualité et nature sauvage
À peine quelques centaines de mètres plus loin, nous découvrons un lieu surprenant : une chapelle creusée dans la roche.
Des offrandes, des bougies, de petites prières déposées ici et là témoignent de la ferveur toujours présente. L’endroit est simple, discret, mais profondément émouvant.
En poursuivant, nous pénétrons véritablement dans les gorges.
Les parois se resserrent, les falaises deviennent impressionnantes, et l’on se sent soudain minuscule au pied de ces murailles de pierre.
Devant nous se succèdent :
des goulots étroits
de petites cascades
des ponts de bois
des passages équipés d’échelles fixées dans la roche
L’application de randonnée nous avait prévenus : certains passages sont un peu escarpés, et la présence d’eau est à prendre en compte.
L’objectif initial était d’atteindre le lac et le barrage situés à la sortie des gorges, mais les conditions ne sont pas idéales.
Nous avons déjà franchi plusieurs passages d’eau, mais les suivants nécessitent une mise à l’eau plus importante. Le timing est aussi bien avancé.
Après réflexion, nous décidons de faire demi-tour, aux alentours des deux tiers du parcours.
Aucun regret.
Nous avons déjà vécu une aventure complète : cascades, ponts suspendus, passages techniques, paysages grandioses. Ici, le rythme n’est pas celui d’une simple marche : chaque pas demande attention, et le temps file différemment.
Nous rebroussons chemin avec de superbes souvenirs plein la tête.
Route de montagne vers Myrtos
La soirée approche et il nous reste encore une trentaine de kilomètres de route de montagne à parcourir.
La route serpente, les reliefs s’adoucissent peu à peu, et soudain, la mer de Libye apparaît.
Notre destination pour les deux prochaines nuits : Myrtos, un petit village de la côte sud, perché légèrement en hauteur, offrant une vue saisissante sur la mer.
Coup de cœur à Myrtos : Fedra Suite
Nous prenons nos quartiers dans un hébergement absolument magnifique, tenu par une famille locale.
Un accueil chaleureux nous est réservé par le fils de la famille, avec en prime une bouteille de vin et un grand cake maison, préparé par sa mère. Une attention simple, mais tellement appréciable.
Nous logeons à la Fedra Suite, au cœur de Myrtos.
Une petite maison pleine de charme, que je ne peux que recommander :
au rez-de-chaussée :
un salon / séjour avec cuisine
une première chambre à l’arrière, avec sa salle d’eau
chaque pièce laisse entrevoir la mer par une petite lucarne
à l’étage :
un escalier typique
une superbe toiture en bois, caractéristique du pays
une seconde chambre avec salle d’eau
et surtout un accès au toit-terrasse de plus de 40 m²
Là-haut, tout est réuni pour se détendre :
coin détente, vue mer à perte de vue, et même un jacuzzi, parfait pour contempler le paysage en fin de journée.
Une adresse exceptionnelle, que nous conserverons précieusement.
Dîner crétois et première nuit à Myrtos
Pour clore cette journée déjà bien remplie, nous partons dîner dans une taverne locale du village.
L’accueil est immédiatement chaleureux, sincère, comme souvent en Crète. Nous nous installons sur la véranda, avec une vue dégagée sur la plaine qui s’étend jusqu’à la mer de Libye, encore baignée par les dernières lueurs du jour.
Le repas est généreux, savoureux, sans fioritures, exactement ce que l’on attend d’une vraie cuisine crétoise.
Une fin de journée parfaite
De retour à la Fedra Suite, la journée ne s’arrête pas là.
Nous nous installons dans le jacuzzi, sur le toit-terrasse, avec en toile de fond le ciel étoilé et le calme absolu de Myrtos. Les souvenirs de cette première grande journée défilent : la route, les gorges, la mer, les rencontres.
Une première nuit à Myrtos qui s’annonce douce et reposante, idéale pour attaquer la suite de notre escapade crétoise.