Jour 5 – Samaria autrement, entre mer et montagne

Jour 5 – Samaria autrement, entre mer et montagne

Nous sommes le 1er mai, une date symbolique en Crète :
c’est l’ouverture officielle de la saison touristique… et surtout celle de la célèbre randonnée des gorges de Samaria.

La randonnée de Samaria, un mythe crétois

Samaria est sans doute la randonnée la plus emblématique de Crète, mais aussi l’une des plus contraignantes.
Classiquement, la journée commence très tôt, souvent avant l’aube. Les randonneurs partent en bus depuis La Canée, parfois dès 5h du matin, pour rejoindre Xyloskalo, le point de départ situé à plus de 1 200 mètres d’altitude sur le plateau d’Omalos.

La descente fait environ 16 km, auxquels s’ajoutent encore quelques kilomètres jusqu’au village côtier d’Agia Roumeli.
La marche dure 5 à 7 heures, selon le rythme, sans compter les pauses. Il faut absolument atteindre la sortie avant la fermeture des gorges, puis attraper le dernier bateau pour Chóra Sfakion ou Sougia, avant un nouveau trajet en bus pour rentrer à La Canée.
Une journée longue, dense, spectaculaire… mais éprouvante.

Notre choix : Samaria à contre-courant

Pour notre part, nous avons choisi une approche différente.
Pas question de courir, ni de subir la foule. Nous voulons profiter de l’essentiel, à notre rythme.

La journée commence en douceur à Loutro, autour d’un superbe petit-déjeuner au bord de l’eau. La mer est limpide, presque irréelle, et quelques poissons viennent tournoyer au bord du port lorsque l’on jette quelques miettes.
Le soleil est déjà bien présent, et l’ambiance est paisible.

Moment insolite : le patron est installé un peu plus loin, en grande discussion… avec son perroquet.
Ce dernier nous gratifiera même de l’imitation parfaite des chats qui rodent autour des tables. Un instant simple et authentique, comme Loutro sait en offrir.

Cap sur Agia Roumeli

En fin de matinée, sacs prêts, nous rejoignons le quai.
À 11h30, nous embarquons pour Agia Roumeli, le village situé à l’embouchure des gorges de Samaria.
À 12h, nous posons le pied à terre… et cette fois, nous partons dans le sens inverse : de la mer vers l’intérieur des terres.

Remonter les gorges de Samaria

Dès les premiers pas, le décor est saisissant.
Les gorges s’ouvrent comme une entaille monumentale dans la montagne. De hautes falaises calcaires, parfois vertigineuses, se resserrent progressivement autour de nous. Le lit de la rivière, serpente au fond du canyon.
On le longe, on le traverse parfois, sautant de pierre en pierre ou empruntant de petits ponts de bois.

La végétation est surprenante : cyprès, lauriers roses, pins, mais aussi cette verdure qui s’accroche au moindre recoin humide, contrastant avec la roche claire et brute.

Nous atteignons plusieurs points emblématiques :

  • les anciens villages abandonnés,

  • les passages étroits où la gorge se referme,

  • et surtout les sections où les parois semblent presque se toucher au-dessus de nos têtes.

À un moment, l’ambiance devient presque irréelle :
nous devons traverser un nuage d’abeilles, installées dans les anfractuosités de la roche.
Le passage se fait sur quelques planches en bois, suspendues au-dessus de l’eau. On retient un peu son souffle, on avance calmement… et tout se passe bien. Une expérience à la fois impressionnante et mémorable.

Après environ une douzaine de kilomètres aller-retour, nous estimons avoir profité pleinement de la magie des lieux. Inutile d’aller plus loin : la gorge nous a déjà largement comblés.

Retour à Agia Roumeli et pause bien méritée

De retour à Agia Roumeli, nous nous installons dans une taverne légèrement en retrait, proche de la plage de galets, pour une pause gourmande et rafraîchissante.
Puis vient le moment de la baignade.

Le spot est idéal :
d’abord dans l’eau douce, fraîche, à l’embouchure de la rivière, puis quelques mètres plus loin, dans la mer de Libye, plus chaude et salée.
Alterner entre les deux est un vrai bonheur. Un dernier rinçage à l’eau douce, séchage au soleil… et déjà le temps de repartir.

Retour par la mer

À 18h, nous embarquons sur le dernier bateau de la journée.
La mer est calme, la lumière de fin d’après-midi sublime la côte. Une escale à Loutro, puis arrivée à Chóra Sfakion à 18h40.

Pas de temps à perdre : nous récupérons rapidement notre voiture avant la fermeture de la station-service où elle nous attendait.
Une belle aventure… mais la journée est loin d’être terminée.

Direction La Canée

Nous prenons la route vers notre dernier logement, à La Canée, deuxième plus grande ville de Crète.
Environ une heure de route, durant laquelle nous échangeons avec notre hôte.

À l’arrivée, après avoir récupéré les clés dans une petite boîte dissimulée dans une ruelle, nous découvrons la maison.
De l’extérieur, la façade est simple, presque discrète. Mais une fois la porte ouverte, c’est une véritable surprise : une maison spacieuse, aménagée avec beaucoup de goût, sur deux niveaux, chaleureuse et élégante. Et une orignal piscine intérieur !

Il est déjà plus de 20h.
Une bonne douche plus tard, nous descendons à pied vers le port de La Canée. Nous trouvons un restaurant installé dans un ancien hall de bateliers, avec un piano-bar, parfait pour conclure cette journée intense.

Nous rentrons ensuite par les ruelles animées de la vieille ville, terminons notre installation… et savourons enfin une nuit de sommeil bien méritée, la tête remplie de souvenirs inoubliables.

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