Jour 4 – Des gorges d’Imbros au port secret de Loutro

Jour 4 – Des gorges d’Imbros au port secret de Loutro

En ce Jour 4, il est temps de quitter notre superbe logement de Myrtos.
Nous disons au revoir à nos hôtes, reconnaissants pour leur accueil et ces deux nuits mémorables. Une nouvelle aventure nous attend, encore plus intense.

Cap sur les gorges d’Imbros

Direction les gorges d’Imbros, à environ 50 km.
Plusieurs options existent pour les parcourir, mais nous choisissons la plus logique : monter directement en voiture au départ supérieur de la gorge. La route dure environ 1h15, serpentant entre montagnes et panoramas déjà spectaculaires.

Nous garons le véhicule à proximité d’une auberge en bord de route, qui marque notre point de départ.
Il est 11h00 lorsque nous attaquons la descente.

Descente dans les gorges d’Imbros

Les gorges d’Imbros offrent une ambiance très différente de celles explorées les jours précédents.
Ici, le paysage est plus sec, plus minéral, presque aride par endroits. Les parois rocheuses dominent le sentier, tandis que la végétation se concentre dans le lit de la rivière, apportant une touche de vert bienvenue.

Le sentier s’étire sur environ 7 km, pour 2 heures de marche.
Nous avançons sur un sol composé de galets et de pierres, parfois irrégulier, entourés de falaises qui se resserrent progressivement. Certaines sections sont impressionnantes, mais toujours accessibles. On ressent pleinement la puissance de la nature, dans une atmosphère plus brute, plus sauvage.

C’est une belle expérience, très différente de la veille, mais tout aussi marquante.

Sortie des gorges et réalité logistique

Nous arrivons à la sortie des gorges aux alentours de 13h.
Ici, la réalité est claire : en saison, toute une économie locale s’organise autour de ces gorges. La majorité des randonneurs descendent… mais très peu remontent à pied.

Dès la sortie, les premières propositions de taxi apparaissent.
Pour notre part, nous décidons de continuer encore un peu à pied, jusqu’à la route principale, où se trouve le seul restaurant du secteur.

Nous y prenons place pour déjeuner.
La vue est belle, la cuisine correcte, mais plus simple et plus basique que les tavernes locales précédentes. Le choix est limité, mais suffisant pour reprendre des forces.

Le patron propose également un service de remontée vers le départ des gorges. La logistique est bien rodée :
des pick-up vous chargent dans la benne et vous remontent jusqu’en haut mais le ticket d’entrée est au véhicule et non à la personne. Nous explorons rapidement les alternatives, le bus, un peu moins cher mais peu fréquent et surtout déjà plus d’une centaine de personnes en attente. Autant dire que ce n’est pas une option viable dans notre projet, car une seconde rando est au programme.

Une rencontre providentielle

C’est finalement lors de la fin du repas qu’une rencontre fortuite change tout.
Un groupe de Français souhaite également remonter à leur véhicule et négocie avec le tavernier un minibus pour 7 personnes.

Pour nous trois, c’est une véritable aubaine.
Un seul d’entre nous a besoin de remonter récupérer la voiture. Nous intégrons donc le groupe et prenons la dernière place, pour une dizaine d’euros seulement, alors que le tarif initial était de 80 € par véhicule, peu importe le nombre de passagers.

Le trajet dure une vingtaine de minutes, par une route de crête qui surplombe la gorge, avec en toile de fond la mer de Libye.
Arrivés en haut, remerciements, échanges de sourires… et déjà il faut se séparer.

Chora Sfakion, porte de la mer

Retour au véhicule, puis redescente vers la côte pour rejoindre Chora Sfakion (Sfakia).
Un beau petit village côtier, connu comme le point d’arrivée maritime de la mythique randonnée des gorges de Samaria.

Sur les hauteurs du village, nous trouvons une petite station-service / garage qui propose un parking à l’arrière, à l’abri des regards, dans une cour fermée une fois la station fermée.

Mais pourquoi garer la voiture pour la nuit ?

Parce que notre aventure continue… à pied.

En route vers Loutro, sac sur le dos

Après une bonne glace bien méritée, nous repartons sacs sur le dos.
Il est presque 16h, le soleil tape encore sur la côte sud de la Crète, mais la fin d’après-midi rend la marche plus agréable.

Nous traversons Sfakia, son petit port, puis remontons vers la route principale. Après quelques centaines de mètres, dans une épingle de montagne, un sentier côtier s’ouvre à nous.

Objectif : Loutro, à 7 km.

Une randonnée côtière spectaculaire

Le sentier est magnifique, mais parfois escarpé.
Ici, pas question de venir en sandales. Le chemin alterne entre passages en hauteur, longeant des falaises abruptes, et descentes menant à de petites plages, tantôt de sable, tantôt de galets.

Par endroits, des cordes permettent de sécuriser le passage.
L’effort n’est pas insurmontable, mais après les gorges d’Imbros le matin, il faut une bonne condition physique et surtout voyager léger. Le strict nécessaire dans le sac est indispensable.

Ces 3 heures de marche resteront gravées dans ma mémoire :
pour la beauté des paysages, mais surtout pour l’expérience unique de rejoindre Loutro à pied.

Arrivée magique à Loutro

Nous arrivons sur les hauteurs de Loutro vers 19h.
Le soleil descend lentement sur la mer, baignant le village de teintes dorées. Le spectacle est saisissant.

Nous traversons le petit port jusqu’à notre hôtel.
Le patron nous aperçoit de loin… et nous appelle déjà par notre nom.

Soit nous sommes les seuls clients du jour.
Soit les derniers à arriver.
Probablement les seuls à arriver à pied, sacs sur le dos, à cette heure-ci.

Beaucoup rejoignent Loutro en bateau. Très peu par le sentier.
Et pourtant… l’expérience vaut largement l’effort.

Soirée douce à Loutro

Après avoir pris possession de notre chambre, une bonne douche s’impose.
Puis vient ce moment suspendu sur la petite terrasse, face au port et à la mer. Un instant d’extase, tout simplement.

Nous partons ensuite faire le tour du village, acheter quelques provisions avant la fermeture des commerces, pour prévoir notre casse-croûte du lendemain.

La soirée se termine en terrasse sur le port, autour d’un repas local.
Ici, la broche tourne, chargée d’une belle pièce de viande. Le choix est vite fait.

L’ambiance est douce, presque irréelle, accompagnée par la présence de nombreux chats, rois incontestés de ce bout de terre. Les serveurs veillent, armés de pistolets à eau, pour les tenir à distance des tables.

Une très belle soirée, qui conclut une journée exceptionnelle.
La nuit s’annonce réparatrice, idéale pour recharger les batteries.

Laisser un commentaire