Jour 3 – Journée de randonnée : gorges de Kourtaliotiko et Preveli

Jour 3 – Journée de randonnée : gorges de Kourtaliotiko et Preveli

Pour ce troisième jour, le programme est clair : rando, rando… et encore rando.
Après une nuit paisible à Myrtos, nous partons tôt, bien décidés à consacrer la journée entière à l’exploration de l’une des régions les plus spectaculaires du sud de la Crète.

Notre objectif : les gorges de Kourtaliotiko, avec l’idée de les combiner avec Preveli, un site bien connu pour l’arrivée de la rivière sur une plage de sable, bordée de palmiers.

Direction les gorges de Kourtaliotiko

La route nous emmène à travers des paysages toujours plus sauvages. Rapidement, les reliefs se resserrent et les falaises apparaissent, annonçant l’entrée dans les gorges de Kourtaliotiko.

Dès l’arrivée, le décor est saisissant.
Les parois rocheuses sont abruptes, presque verticales par endroits, et le vent qui s’engouffre dans les gorges produit un sifflement caractéristique, à l’origine du nom « Kourtaliotiko ».

Nous nous équipons, ajustons les sacs et attaquons la descente.
Très vite, l’ambiance devient spectaculaire : escaliers taillés dans la roche, passages étroits, vues vertigineuses sur le canyon et, en contrebas, la rivière qui serpente.

Une randonnée immersive et sauvage

Le sentier longe par moments le cours d’eau, alternant entre zones ombragées et passages plus exposés.
La végétation est dense, presque luxuriante, contrastant avec la roche claire des falaises. Ici, la nature est omniprésente, brute, et l’on se sent rapidement coupé du monde.

Chaque détour offre un nouveau point de vue, chaque pause est l’occasion de mesurer l’ampleur du site. Les gorges de Kourtaliotiko ne sont pas seulement une randonnée : c’est une véritable immersion dans la Crète sauvage.

Vers Preveli, entre rivière et mer

Notre itinéraire se poursuit naturellement vers Preveli, célèbre pour l’arrivée de la rivière sur la plage.
L’idée du jour est ambitieuse : cumuler les deux randonnées, soit une quinzaine de kilomètres à l’aller. Pour le retour, nous verrons bien… l’essentiel est de profiter, sans pression.

À mesure que l’on avance, le paysage évolue.
Les falaises s’écartent, la végétation devient plus abondante, et l’on devine peu à peu la proximité de la mer. L’arrivée à Preveli promet un contraste saisissant entre l’effort de la marche et la douceur du littoral.

Une journée placée sous le signe de l’effort et de la liberté

Ce troisième jour s’annonce comme l’un des plus sportifs du séjour.
Mais ici, chaque kilomètre parcouru est récompensé par des panoramas grandioses, une sensation de liberté totale et ce sentiment unique d’être exactement là où l’on doit être.

Sur notre chemin, à mi-parcours environ, une rencontre inattendue vient marquer la randonnée.
Nichée dans la plaine, à l’écart du sentier principal, une petite exploitation attire notre attention. L’accès n’a rien d’anodin : pour y parvenir, il faut franchir un pont de fer étroit, visiblement ancien, à peine maintenu, suspendu au-dessus du vide.

Le genre de passage qui fait hésiter plus d’un promeneur… et qui pousse certains à faire demi-tour.

Nous décidons d’y aller malgré tout.
Un par un, à pas de velours, concentrés, nous traversons le pont. Quelques secondes suspendues, le regard rivé droit devant, et nous voilà de l’autre côté.

Une halte hors du temps

De l’autre côté, le décor change complètement.
Une simple cabane, quelques tables en bois soigneusement disposées à l’ombre des arbres fruitiers, et un homme au sourire franc qui nous accueille sur ses terres.

Le petit producteur nous propose une boisson fraîche à base de fruits frais, préparée sur place. Un vrai moment de bonheur après les kilomètres déjà parcourus. Cette halte est une parenthèse de ressourcement, simple et authentique, comme seule la Crète sait en offrir.

Nous échangeons avec lui sur notre itinéraire.
Arrivés à ce point, une décision s’impose : rive gauche ou rive droite pour rejoindre la plage de Preveli. Après discussion, conseils échangés et carte consultée, notre choix est fait : ce sera la rive gauche.

 

Cap vers les hauteurs

Revigorés par cette pause, nous reprenons la marche.
La plaine s’efface progressivement derrière nous, et le sentier change de nature. Le terrain devient plus minéral, plus sec, et la montée s’engage franchement le long de la côte rocheuse.

Les kilomètres s’enchaînent, les jambes commencent à tirer, mais chaque regard en arrière offre des panoramas de plus en plus impressionnants. Peu à peu, nous atteignons les sommets des falaises. Là-haut, un plateau naturel surplombe la mer, immense, infinie, d’un bleu profond.

Après environ 14 kilomètres, l’émotion est au rendez-vous :
au loin, en contrebas, la plage de Preveli apparaît enfin.

Descente vers la plage de Preveli

La descente est raide, technique par endroits, à travers la roche.
Chaque pas demande attention, mais l’excitation grandit à mesure que l’on se rapproche du but.

En bas, le contraste est immédiat.
Il y a un peu plus de monde qu’au cours de la randonnée, et pour cause : la plage de Preveli est accessible en véhicule par la rive droite. Mais malgré cela, le site conserve une atmosphère unique.

Preveli, un lieu hors du commun

Preveli est un endroit magique, presque irréel.
Ici, une rivière d’eau douce serpente à travers une palmeraie luxuriante avant de se jeter dans la mer de Libye. Le contraste est saisissant :

  • d’un côté, la plage de galets, battue par les vagues

  • de l’autre, une plage de sable, plus douce, bordée de palmiers

  • au centre, l’estuaire, où l’eau fraîche de la rivière rencontre l’eau salée de la mer

L’eau douce permet de remonter la rivière à pied, à l’ombre des palmiers, tandis que la mer offre une baignade revigorante après l’effort. Le décor est presque tropical, inattendu en Europe, et rend l’endroit absolument inoubliable.

Après cette longue marche, atteindre Preveli procure un sentiment d’accomplissement rare.
Fatigue, émerveillement, satisfaction… tout se mélange.

Après avoir atteint Preveli, savouré le lieu et profité de cette pause bien méritée, une réalité s’impose à nous :
nous sommes désormais au niveau de la mer, et notre voiture se trouve à près de 15 km, bien plus haut, en altitude, de l’autre côté des gorges.

Les jambes sont déjà bien entamées, mais il n’y a pas vraiment d’alternative.

Remontée physique et retour au parking

Nous entamons donc la remontée par la falaise opposée à celle de notre arrivée.
Une montée raide, physique, qui sollicite les dernières réserves. Le soleil commence doucement à décliner, mais la chaleur reste bien présente.

Pas à pas, dans l’effort, nous finissons par atteindre le parking principal.
Objectif suivant : voir si un bus circule.

Mais nous sommes encore en avril, et ici, beaucoup de services ne démarrent réellement qu’à partir du 1er mai. Sans surprise, aucune navette ne fonctionne à cette période.

Le stop, version crétoise… et alsacienne 🍀

Qu’à cela ne tienne.
Nous tentons le stop sur le parking principal, sans grande certitude, mais avec l’espoir que la chance nous sourira.

Et elle nous sourit rapidement.

Nous faisons la rencontre d’une compatriote alsacienne, en vacances elle aussi, qui accepte sans hésiter de prendre l’un d’entre nous afin de le déposer directement à notre voiture. Une véritable aubaine.

Le trajet passe vite, ponctué d’échanges sur nos expériences respectives, nos itinéraires, nos coups de cœur et les jours à venir.
Et déjà, me voilà déposé au bon endroit.

Il ne reste plus qu’à reprendre la route pour retrouver le reste du groupe. Mission accomplie.

Pause douceur à Plakias

Avant de rentrer à Myrtos, nous faisons un détour par Plakias, un petit village de bord de mer, tout proche de Preveli.
L’ambiance y est paisible, détendue, avec cette impression de bout du monde que l’on ressent souvent sur la côte sud.

Nous en profitons pour faire une halte gourmande et déguster une pâtisserie locale, simple mais savoureuse. Une pause bienvenue après l’effort.

Retour à Myrtos et soirée détente

Il est temps de rentrer profiter pleinement de notre hébergement.
La terrasse, le spa, le calme… tout invite à la détente. Les muscles récupèrent doucement pendant que le soleil décline.

Pour le dîner, nous retournons dans une taverne locale, fidèle à l’esprit des soirées crétoises.
L’accueil est toujours aussi chaleureux, et nous nous installons à nouveau sur la véranda, avec vue sur la plaine et la mer.

L’originalité du lieu fait toujours son effet :
pour choisir son plat, il faut traverser une petite rue et se rendre directement dans la cuisine, un modeste local où l’on découvre trois grandes marmites alignées.
La cuisinière explique, on choisit, on salive déjà.

Entre ragoût crétois et autres spécialités, le choix est difficile.
Le repas est généreux, réconfortant, exactement ce qu’il faut après une journée aussi intense.

Comme la veille, la soirée se termine en douceur avec quelques gâteaux et un Raki, offert par le patron, geste simple mais tellement symbolique de l’hospitalité crétoise.

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